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Accès à l’’information en milieu rural

Aujourd’hui des canaux formels -radio, presse écrite, télévision, internet- portent plus loin l’information considérée comme un catalyseur des changements sociaux. Dans cette bataille de l’information, une question revient comme une ritournelle : « quel contenu insérer dans ces nouveaux outils qui consacrent la société de l’information ? »

La guerre du contenu aura bien lieu par le canal des ondes radio

Jadis les canaux informels en milieu rural -discussions autour d’un puits, dans les champs et les marchés hebdomadaires (loumas), crieurs publics, instruments de tam-tam- amplifiaient les échos d’un message.
Aujourd’hui des canaux formels -radio, presse écrite, télévision, internet- portent plus loin l’information considérée comme un catalyseur des changements sociaux. Dans cette bataille de l’information, une question revient comme une ritournelle : « quel contenu insérer dans ces nouveaux outils qui consacrent la société de l’information ? »

Dans la commune de Koupentoum (centre-est du Sénégal), à 400 km de Dakar, la radio communautaire « Niani Fm » s’invite dans les concessions et relie les populations qui considèrent cette technologie comme un support par lequel la participation à la vie de la communauté est devenue une réalité.

Mieux, c’est devenu un espace d’expression et de dialogue pour permettre tous les segments des zones rurales d’accéder à l’information.
Loin du béton des centres urbains, Koumpentoum joue sa partition dans la construction de ce qu’il est convenu d’appeler la société de l’information. Directeur de Niani Fm, Issaga Diallo se réjouit que le contenu proposé à travers les ondes de sa radio communautaire émane essentiellement des populations locales.
« On prend en compte les préoccupations des habitants de la commune de Koumpentoum et de ses 15 communautés rurales pour l’élaboration de notre grille de programme », confie M. Diallo pour qui les besoins en information sont les conflits liés au foncier, entre éleveurs et cultivateurs. Des thématiques liées au développement (agriculture, élevage, pêche, transport) et des questions d’ordre social (place et rôle des femmes rurales, éducation et santé) constituent autant de sujets brûlants traités à travers les ondes de « Niani Fm ».

Pour un traitement à visage humain de l’information, la radio enregistre des animateurs qui viennent des secteurs de la vie socio-économique. « Je viens d’une association paysanne dans la communauté rurale de Bamba Thialène », révèle Assane Ndao.
De son vécu d’acteur d’une organisation à la base se greffe son parchemin d’alphabétiseur en langue wolof. Cette langue parlée par 95% des populations sénégalaises est ainsi valorisée à travers des émissions interactives. Tout comme le pulaar, le mandingue, le wolof, le sereer et... le français.
La santé, le petit commerce, la gestion de l’environnement, les questions de l’éducation sont déclinés dans ces différentes langues parlées au sein de la commune de Koumpentoum.

La bataille du contenu à travers les NTIC se jouera d’ailleurs sur le terrain des langues, prédit-on.
Dans ses bureaux de Koulouba (colline en bambana), au Mali, en cette matinée pluvieuse du mois de juillet, le président de l’Académie des Langues Africaines (ACALAN) fait un appel du pied aux peuples d’Afrique :
« La communauté africaine doit faire en sorte que son patrimoine linguistique puisse être exploité pour pouvoir apporter au monde ses savoirs-faire de manière à se mettre dans une dynamique de cette société de la connaissance et du savoir partager ».

Noble mission que celle de porter des langues locales à travers de puissants réseaux de communication comme l’Internet. Voire la radio. Une auditrice de « Niani Fm », Seynabou Fall, loue la mission de la radio de Koumpentoum. « Pour son ancrage communautaire et pour son échange sur les savoirs et les savoir-faire », la radio doit étendre sa couverture dans les zones les plus reculées, estime notre interlocutrice.
La radio communautaire accentue ainsi la prise de conscience des populations et leur permet de prendre des décisions en connaissance de cause sur les questions cruciales qui touchent directement leur existence. Les ménages ruraux, estiment d’ailleurs les experts de la FAO, ont besoins des NTIC pour échanger plus efficacement l’information et les connaissances afin d’améliorer leurs moyens de subsistance et de réduire leur vulnérabilité.

En effet, cette spécialiste de l’économie solidaire (petit commerce), et présidente de l’Union régionale des femmes coopératrices du Sénégal, utilise ce médium pour la mobilisation des membres de son organisation forte de 1000 membres regroupés autour des 32 groupements.
« A l’occasion des réunions trimestrielles, nous diffusons des communiqués en wolof et en pulaar à travers les ondes de la radio », soutient Seynabou Fall pour qui le français est exclu pour porter le message à ses sœurs du monde rural.

Cette diffusion de masse permet ainsi de réduire les coûts de communication téléphonique et de transport. Les populations pour la plupart analphabètes et vivant dans des zones reculées et isolées où l’accès à l’information, l’absence de moyens de transport et les différences culturelles et linguistiques sont des problèmes récurrents contribuent au développement de la communauté grâce à l’utilisation de cette technologie appropriée qu’est le médium radiophonique.

Pour la directrice régionale de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) Afrique, interpellée en marge des travaux du sommet régional sur la société de l’information qui se sont tenus à Accra au mois de février dernier, « la radio est l’outil le plus approprié parce que le plus accessible en Afrique et surtout dans le monde rural ».
Michele Ndiaye Ntap estime que les contenus doivent être adaptés et que les populations ont besoin d’avoir cette information dans les langues locales.
A Koumpentoum, Issaga Diallo et son équipe de reporters s’activent au quotidien pour mettre à la disposition des auditeurs l’information susceptible de porter le développement local à bras le corps.

Il est convenu de dire qu’une nouvelle ère ; celle de la société de l’information s’est installée. Partout. Dans les zones urbaines, semi-urbaines. En milieu rural. La parole est dans le vent, pour dévaliser un proverbe guinéen. Et la radio communautaire démontre qu’il ne faut plus fétichiser les technologies de l’information. « Niani Fm » l’a admirablement bien démontré. En libérant la parole.

Auteur : Baba Thiam

Date : 17/04/2006

Source : http://hana.ru.ac.za/articledl.cfm?...

Mis à jour le 26 avril 2006

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