Ecoles
Outils en ligne
Revue de presse
Articles en ligne
Liens documentaires
Forum de discussion
Blogs
Agenda
Description
Activités
Contacts

Accueil > Partager > Revue de presse

Conseil national de régulation de l’audiovisuel : Reporters sans Frontières demande à Wade de ne pas promulguer la loi

Sénégal : parce qu’elle est mal écrite et ambiguë, injuste et liberticide, la loi portant création du Conseil national de régulation de l’audiovisuel doit être remisée dans les tiroirs. Proposition de Reporters sans Frontières

La loi n°38/2005 portant création du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), adopté le 21 décembre 2005, « doit être oubliée avant d’avoir pu naître ». C’est un texte « mal écrit et ambigu, injuste et liberticide », remarque Reporters sans Frontières (Rsf). L’organisation qui s’étonne de ce texte, voté par onze voix contre deux, sur cent-vingt députés que compte le Parlement, estime que la mise en place en l’état du Cnra sera dangereuse pour la liberté de la presse. Selon Rsf, avec cette structure, l’Etat cherche à « instituer un tribunal suprême des radios et télévisions, composé de personnalités adoubées par le chef de l’Etat et n’ayant aucun rapport avec les métiers de l’information, chargé de surveiller et de punir les médias ». Et l’argumentaire servi par le gouvernement sénégalais en faisant adopter ce texte, est « d’apporter des réponses pragmatiques face aux défis d’un nouveau paysage audiovisuel ». Reporters sans frontières estime que cet objectif ne serait pas atteint.

Afin de rétablir la sérénité dans les débats en cours sur la réforme de la loi sur la presse, il est important, pense l’organisation dirigée par Robert Ménard, que « le président Abdoulaye Wade refuse de la promulguer ». Puisqu’il ne sert à rien de dépénaliser les délits de presse et d’instituer une créature bureaucratique régissant les médias sans leur participation. Aujourd’hui, affirme Reporters sans Frontières, le gouvernement et la presse ont besoin de renouer un dialogue serein. Car, lors des crises, le gouvernement se défausserait hypocritement sur le Conseil national de régulation de l’audiovisuel, en s’appuyant sur son indépendance pourtant contestable. De son côté, la presse indocile ferait tout ce qui est en son pouvoir pour saboter cette machine à sanctionner. Aucun problème ne serait réglé. Il en existerait de nouveaux.

En faisant un schéma du fonctionnement du Cnra, Reporters sans Frontières estime que le Cnra composé de neuf membres à l’identité floue et nommés par le chef de l’Etat, où ne siégerait qu’un seul professionnel de la communication audiovisuelle, pourra prononcer des sanctions à l’encontre des médias, allant de la suspension à une amende exorbitante pouvant atteindre 10 millions de francs.

Sur quels dérapages cet organisme non représentatif devra-t-il statuer ? Il devra veiller « au respect des règles d’éthique et de déontologie dans le traitement de l’information (...), notamment en assurant le respect des institutions de la République, de la vie privée, de l’honneur et de l’intégrité de la personne humaine ; au respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et du caractère laïc de la République dans les contenus des messages audiovisuels », dit le texte de la loi. Autant de questions qui restent sans réponse. Ainsi, souligne Rsf, il existera au Sénégal, avec ce Cnra, des thèmes placés sous surveillance. Pourra-t-on enquêter ou s’exprimer, sans être sanctionné, sur le président, le gouvernement, les corps constitués, les élus, les juges ? Pourra-t-on dénoncer le népotisme et la corruption ? Pourra-t-on évoquer les séparatistes de Casamance ? Sans doute pas. On n’abordera pas donc les sujets qui fâchent, sans être mis à l’amende par ce collège qui devra déterminer qui a respecté ou non l’éthique et la déontologie. Les journalistes n’auront qu’à bien se tenir. Du reste, s’ils souhaitent contester les sanctions prononcées par le Cnra devant le Conseil d’Etat, les journalistes devront tout de même se soumettre aux diktats de l’autorité de régulation. Un tel recours, dit la loi, « n’est pas suspensif ». Payez d’abord ou taisez-vous, nous verrons plus tard qui avait raison.

C’est l’évidence : les règles démocratiques exigent que la légitimité de l’instance de régulation des médias soit reconnue à la fois par le gouvernement et par les professionnels de l’information. Si tel n’est pas le cas, tous les abus pourraient se déguiser sous le prétexte de la contestation vertueuse. La relation de reconnaissance mutuelle entre le gouvernement et la presse serait brisée.

Le Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie (Cred), que les journalistes ont mis en place de leur propre initiative, est dépouillé de toute autorité. En le mettant en place, le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) souhaitait à juste titre consacrer le fait qu’en « matière d’honneur, le journaliste ne reconnaît que le tribunal de ses pairs ». Or, pense Reporters sans Frontières, « on ne peut à la fois exiger que la presse soit responsable et la dessaisir des moyens qu’elle s’est donnés pour faire respecter l’éthique et la déontologie au sein de la profession ». Il peut avoir une traduction concrète et indispensable : la mise en place d’une autorité de régulation des médias qui ne ressemble ni à un conseil de famille, ni à une assemblée corporatiste. Ce chantier doit être ouvert sans délai.

Auteur : Fatou K.Séne, Walf Fadjri

Date : 30/12/2005

Source : http://www.osiris.sn

Mis à jour le 10 janvier 2006

Voir aussi
Conférence Web2forDev - Deux journalistes de l’Institut Panos de Afrique de l’Ouest (IPAO) couvrent l’événement
Publication : "Enjeux et usages des TIC en Afrique : Les médias entrent dans le débat"
Nouveau guide "Ecrire sur les TIC et la lutte contre la pauvreté"
Cyberjournalisme - Un prix pour la paix
Sudan expels U.N. envoy for blog
Parution d’une étude sur les jeunes et les médias à l’ère du numérique
Scilife.org : Les journalistes scientifiques sont en ligne
Radios communautaires : Ça grince toujours !
Propos recueillis
Future for community radio is digital
“Nous voulons promouvoir et développer la presse en ligne en Côte d’Ivoire”
Deutche Welle : mises en nomination pour le meilleur blog de défense de la liberté d’expression
Campagne : La presse se mire sur le net
La radio de l’avenir sera numérique et interactive
Prix AISI des Médias 2006
Olivier Nana Zépa : "les journalistes sont des partenaires stratégiques"
Journalism and Future Wireless Technologies
SONATEL et SENTEL d’accord pour une deuxième licence de téléphonie
Bientôt un second opérateur global de téléphone : De la forte concurrence en vue pour la Sonatel et Sentel
Renforcement des capacités en TIC : Les médiats invités à mieux comprendre les enjeux de la société de l’information
Concours de production médiatique sur les NTIC : Candidatures jusqu’au 31 mai / PIWA : NICT media production contest : New deadline for applications : May 31st
Médias et technologie de la communication : Les journalistes invités à cliquer sur les véritables enjeux
Atelier de renforcement des capacités en TIC des médias sénégalais
Accès à l’’information en milieu rural
Tunisie : Table ronde sur « La presse électronique : réalité et perspectives »
Rencontre internationale sur la presse togolaise
Les nouveaux médias bouleversent le marché du sport et de la télévision
Des financements disponibles pour la formation "Online journalism"
La version revue et améliorée du kit de formation : « L’éducation fait l’info » est disponible en ligne
Livre : La révolte du pronetariat : des mass média aux média des masses
Des bourses disponibles pour assister au "We Media Global Forum"
Le Bureau du PIDC alloue des fonds à 41 nouveaux projets de médias dans les pays en développement
Télécommunications : Définir les priorités pour réduire la fracture numérique
Au rythme du cyberjournalisme
Bénin : L’ambassade de Chine augmente le parc informatique de la maison des Médias
Déjà trois générations d’info en ligne
L’UNESCO et la CBA proposent des principes directeurs en matière de réglementation de la radiodiffusion
RFI, le renouveau numérique de l’antenne, une des priorités pour l’année 2006
L’UNESCO organise un séminaire en ligne sur l’Education pour tous destiné aux journalistes
Un Cd-rom de formation pour les radiodiffuseurs en milieu rural
Medias : mise à l’essai d’un nouveau standard de diffusion des informations
Le Net à l’usage des journalistes : guide pratique de l’Internet pour les journalistes des pays en développement
Responsabilité des entreprises : Reporters sans frontières appelle les internautes et les bloggers à soutenir ses recommandations sur la liberté d’expression
Les nouvelles technologies bouleversent le journalisme
Sénégal : Une association de journalistes envisage de créer des cybercafés dédiés aux communicateurs
L’Afrique et la télévision de demain : Mactar Sylla campe les enjeux
Malgré leur importance dans la circulation de l’information : Les Tics, parent pauvre de la presse écrite
La FIJ proteste auprès du Président contre l’interdiction d’accès à son site web
L’Afrique dans la société de l’information : Les journalistes en analysent les enjeux à Dakar
Multimédiats : se mettre aux TIC, alors qu’il est temps
Technologies de l’information et de la communication : ouverture d’un atelier sur les stratégies nationales
Bénin : atelier NTIC pour les journalistes
Accès collectifs en milieu rural : le “far net” indien [Internet Actu]

Haut de page

IPAO - 6 rue Calmette, BP 21132 Dakar (Sénégal) - Tél : (221) 33 849.16.66 - Fax : (221) 33 822.17.61 - Email : contact_ _cipaco.org

Adresse du document : http://mediatic.panos-ao.org/article.php3?id_article=91
Extrait du site MédiaTIC : http://mediatic.panos-ao.org
IPAO - 6 rue Calmette, BP 21132 Dakar (Sénégal) - Tél : (221) 33 849.16.66 - Fax : (221) 33 822.17.61 - Email : contact_ _cipaco.org